mercredi 8 février 2017

La première de Chantier Public ou quand l'Albert Marcoeur devient conteur

Passer de l'Olympia, de sa salle pleine et de la puissance sonore d'une quarantaine de musiciens à l'intimité d'un charmant troquet alternatif du front de mer nazairien, voilà de quoi illustrer le paradoxe du chroniqueur !
Albert Marcoeur cultive désormais les formules réduites. Après l'approche franco-helvète de Et Bien d'Autres (voir ICI et LA), formation qui n'est hélas plus d'actualité, c'est à la première d'une collaboration avec deux "bretons" (rassurez-moi Saint Nazaire, c'est bien en Bretagne ?) que nous avons pu assister Samedi dernier. Avec, au saxophone baryton, et parfois à la bombarde, Ronan le Gouriérec, que certains ont pu découvrir dans l'Occidentale de Fanfare, et, aux illustrations, Yves Magne.
Autant le dire, nous sommes ici dans un contexte extrêmement minimal. Alors que Marcoeur nous raconte de drôles d'histoires, avec ce regard qui n'appartient qu'à lui, le saxophoniste alterne riffs et climats pendant que Yves Magne s'active aux pinceaux derrière.
Lu comme cela, on peut se demander, de façon légitime, de quoi il s'agit finalement ? Concert ? Pas vraiment... Une forme de happening, plus sûrement... A coup sûr, un truc pas vraiment normal, un mélange des genres qui fonctionne et qui vous capte malgré l'économie de moyens développée ici. La ligne directrice est, ici, impulsée, par les textes d'Albert Marcoeur, des rêves de cigarettes de l'ancien fumeur, aux contrôles de la RATP et de la SNCF (évidemment !), en passant par les droits d'auteur au temps des gaulois, on retrouve ce regard et ce verbe qui n'appartiennent qu'à lui. Il y a du conteur dans cet homme là, un subtil décalage oblique tellement salvateur en ces temps de pensée unique...
Même si on est à des années lumières du foisonnement instrumental de naguère, la signature est pourtant toujours présente. Entre textes, moments musicaux et images, Chantier Public fait partie de ces moments rares, fragiles et quelque part improbables... A l'image de l'Albert finalement !

Aux dernières nouvelles, il semblerait que l'affaire puisse se renouveler au printemps, dans le même lieu. Et si vous passez par la cité nazairienne, n'hésitez pas à vous arrêter boire un verre, ou plus, à Sous les Palmiers, La Plage, attachant endroit situé face à la mer...










2 commentaires:

  1. Je regrette encore plus d'avoir loupé cet évènement après la lecture de ce compte-rendu. Mais, je suis sûr que ces 3 là se retrouveront sur d'autres scènes. Ronan Le Gourrierec est un formidable instrumentiste. Il est le meneur danseur de Little Big Noz... à suivre aussi.

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    1. Prochaine date le 29 Avril au même endroit !

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